Marques marocaines, quel narratif ?

Sortir de la sous-traitance

Au cours des Industry Meeting Days de Casablanca, le ministre de l’Industrie et du Commerce, Ryad Mezzour, a défendu une nouvelle stratégie qui serait fondée sur l’innovation, la montée en gamme et la création de marques marocaines à forte valeur ajoutée. C’est dans ce cadre qu’il a appelé les entreprises marocaines à dépasser la phase de la sous-traitance vers le lancement de marques marocaines.

Tout en saluant cette ambitieuse initiative, soulevons ces défis à relever qui sont nombreux.

Premièrement, les ressources humaines, ce potentiel sans lequel aucune entreprise, aucun pays ne peut décoller. Dans ce sens, comment pourrait-on aspirer à sortir de la sous-traitance, de la situation d’une sorte de petite main, sans ressources humaines qualifiées et formées ? Le ministre, dans un moment de vérité, nous livre cette constatation aussi bouleversante qu’inattendue : le chômage dans notre pays touche davantage les diplômés que les catégories moins qualifiées

Cette richesse humaine est marginalisée, négligée 

Comment alors accéder à l’innovation, à la création si cette richesse humaine est marginalisée, négligée ? Or, ces marques marocaines invitées à briller pourraient-elles vraiment s’épanouir sans les compétences nationales adéquates ? Ne s’agit-il pas d’un contexte où le marché est saturé de concurrence et de compétition ?

Au-delà de la technologie et de ses innovations, les compétences ne sont-elles pas censées intégrer la chaine de valeur dans toutes ses composantes ? La stratégie marketing n’est-elle pas l’alpha et l’oméga de la création et du lancement de toute marque ?

Quel message pour quelle image de marque

La qualité du produit, la dynamique créative de l’entreprise sont des éléments cruciaux. Or le message qui l’accompagne légitime, valorise ou dévalorise une image de marque. Concernant l’image de marque ou la perception d’un pays, celle-ci se joue sur plusieurs registres : son histoire, la place qu’il occupe ou qu’il entend occuper dans un imaginaire, ce qu’il enclenche comme rêve et émotion, etc. Mais tout ceci ne serait palpable que quand il est concrétisé par un narratif aussi attractif que respectant notre intelligence.