Des marques, oui. Mais, des marques marocaines !

L’émergence d’un consommateur exigeant

Les marques nationales sont-elles sur la bonne voie d’une notoriété à laquelle s’attèle toute marque qui rêve de conquête ? Comment réussir une telle quadrature du cercle si une marque n’est pas portée aux pinacles par le consommateur ? Qui nierait que ces marques marocaines sont en plein ancrage dans la réalité de leur environnement ? Si c’est le cas, cela traduit une véritable révolution de nos mœurs. N’étions-nous pas fascinés, ensorcelés par les marques étrangères synonymes de prouesse, de performance ?

Encore une fois, si c’est le cas, cela illustre l’émergence d’un consommateur de plus en plus exigeant, son self-esteem exige une approche revalorisante. N’est-il pas allergique à tout ce qui oserait égratigner une dignité, une fierté ? De leur côté, les marques marocaines n’expriment-elles pas un effort de réadaptation, de remise en cause de certains schèmes préétablis ?

L’édification d’une notoriété positive tant convoitée

Notre appréciation serait limitée si on ne rendait pas à César ce qui est à César, en soulignant l’élément propulseur : les agences de communication et de publicité qui sont pour quelque chose dans cette évolution et cette mutation, si ce n’est ce chamboulement. Où seraient donc ces marques marocaines s’il n’y avait pas eu ces agences intervenant pour promouvoir une image, soutenir un positionnement, jetant les ponts avec une cible identifiée et se livrant ainsi à une concurrence stimulante ? Tous ces ingrédients qui entrent en jeu pour paver la voie à l’édification d’une notoriété positive tant convoitée.

C’est pourquoi la cérémonie officielle de l’édition 2026 du label « Élu Produit de l’Année Maroc », qui s’est déroulée à Casablanca, a constitué une occasion exceptionnelle non seulement pour célébrer un produit, mais également pour clarifier le paysage des marques en tant que domaine d’exploration riche en audace et en innovation, le tout imprégné d’optimisme, de questionnements et d’une curiosité bénéfique.

Ne disions-nous pas que la lumière jaillit d’une rencontre ? Or ce qui s’est passé au cours de cette cérémonie, c’est un ensemble de rencontres, d’échanges permettant aux marques présentes, celles qui sont sur le podium, mais tout autant celles qui grimpent les échelons. Tout ce beau monde est invité à mesurer le chemin parcouru, les gués à traverser et les armes à fourbir.

Les susurrements, les frémissements d’un marché

Tout cela demeure sans effet si on n’écoute pas attentivement les susurrements, les frémissements d’un marché qui exige d’autres paradigmes, d’autres images, d’autres mots, d’autres approches.

Tout au long de ces controverses, une évidence s’est imposée : les marques nationales sont invitées à assumer leur mission historique qui consiste à briller de tout feu sur le marché national. Ne sont-elles pas les filles légitimes de ce même marché et de cet environnement ? Ne sont-elles pas censées vibrer au rythme de ce marché, anticiper et saisir ses attentes, connaître ses désirs profonds, ses émotions, sa psychologie sous-jacente ?

Rappelons-nous cette publicité française qui nous enchantait  : « Des pâtes ? Oui, mais des pâtes Panzani. » Depuis ce jour-là, la marque Panzani a conquis nos cuisines et notre univers culinaire.

Inspirons-nous d’une telle aventure pittoresque pour crier haut et fort : « Des marques ? Oui, mais des marques marocaines. »