Si on analysait noms et slogans de nos marques !

Une lecture critique et sémantique de ces noms de marque

Lors de la cérémonie officielle de l’édition 2026 du label « Élu Produit de l’Année Maroc », nous avons assisté à un défilé de logos et de signatures arborés par les marques présentes. N’est-il pas fort instructif de se livrer à une lecture critique et sémantique de ces noms de marque ? Ne traduisent-ils pas une stratégie de positionnement, un mode de réflexion, une approche exprimant une affinité culturelle et linguistique non innocente ?

Arrêtons-nous d’abord sur ces marques qui ont un nom de marque et une signature rompant ainsi avec une perception que d’aucuns qualifient d’aliénation. Il s’agit donc de ces marques qui ont mis le curseur sur l’imaginaire marocain et ses potentialités créatrices.

« Aiguebelle », quelle coïncidence, heureuse. Ce nom ne renvoie-t-il pas à Iqbal qui n’est autre, en arabe, qu’engouement, venir en arborant une face de bienvenue. La connotation renvoie également à Qouboul, qui n’est autre qu’une chance de bon augure qui se mêle avec bénédiction ouvrant toutes les voies vers l’accomplissement de tous les vœux.

S’agissant du nom de la marque AlItkane, il y a connotation de performance dans l’exécution d’une tâche jointe à une conscience professionnelle avérée. De son côté, la marque Familia, n’est-elle pas la Familia italiana et l’Famila dans le dialecte marocain ? C’est en somme la chaleur familiale dans toute sa douceur méditerranéenne.

De même que  » Zine capital invest« , ne renvoie-t-il pas à tout ce qui est Zine ? C’est-à-dire beau ? Y a-t-il plus « Zine » que d’exprimer une authenticité, une singularité rayonnante ?

Si on analysait noms et slogans de nos marques !

La fin de l’exil ?

Ces marques qui renouent avec une authenticité ne manifestent-elles pas le désir inconscient de retrouver le bercail ? La fin de l’exil ! Ne sont-elles pas les enfants prodiges qui retrouvent la mère nourricière cherchant dans sa sève ce qui leur redonne vitalité, espérance et confiance en soi ?

Hélas, d’autres marques optent pour des noms et des slogans qui nous font sourire tant leur inadéquation avec leur environnement culturel et linguistique est flagrante.  Que l’on médite sur ce tintamarre de casseroles : « Win by Inwi », sinon « Livebox Fibre et DarBox 5G».  On ajoute à cela «Shell V-Power et Shell Helix Ultra».

On donne notre langue au pauvre chat pour saisir les motivations communicationnelles derrière ses acrobaties, et surtout connaitre cette cible anonyme ou ce public embrouillé auquel ils s’adressent ?

Les Eaux Minérales d’Oulmès ne versent-elles pas dans le même sens en matière d’acrobatie, tordant littéralement le cou à notre intelligence pour fabriquer ces mots tellement emberlificotés, parfois imprononçables pour le consommateur marocain qu’ils deviennent excentriques ? Jugeons-en : « Vitalya » pour vitalité, « Purifya » pour purification. Dans ces expressions, on retrouve un chouiya d’italien, un chouiya de français, un chouiya d’anglais et même un chouiya d’espagnol, mais hélas on ne retrouve nulle trace de ce pauvre consommateur marocain qui n’est pas admis dans ce paradis européocentrique !