La Banque Populaire : une banque à visage humain ?

Avec le lancement d’Al Moukawil Chaabi, la Banque Populaire est-elle en train de connaitre une petite mue ou une grande révolution ? Changer de peau pour devenir une banque citoyenne, une banque de proximité, une banque où l’intérêt public prime ? Une banque au service des TPE, celles-là mêmes qui sont créatrices de richesse et d’espoir. Voilà pourquoi la consolidation d’un positionnement est une ambition d’autant plus légitime qu’elle coïncide avec les impératifs de ce développement et de cette croissance que tout un chacun appelle de ses vœux.

Le lancement de ces deux centres d’accompagnement ne s’inscrit-il pas dans ces perspectives ? Avec ces deux premiers centres à Marrakech et Tanger, la Banque Populaire franchit une nouvelle étape dans son engagement en faveur des TPE. Une initiative qui mise sur la proximité, le conseil et l’interactivité financière.

Idriss Bensmail, directeur général de cette institution, déclare : « Notre ambition est claire : être un partenaire utile, accessible et durable pour les entrepreneurs à chaque étape de leur développement. »

TPE, ces entreprises condamnées à l’informel ?

On parle de « TPE » et on s’interroge, intrigué : que signifie cet acronyme ? Il s’agit de Très Petites Entreprises ! Ne s’agirait-il pas de ces entreprises qui, faute d’accompagnement et de soutien, étaient depuis des lustres condamnées à l’informel ? Al Moukawil Chaabi, voilà un concept qui émerge et qui promet une présence conquérante. Ces toutes petites entreprises, souvent dédaignées, ne sont-elles pas les futures grandes entreprises ? Ne sont-elles pas des pépinières de talents, du sens de l’innovation et de l’initiative ? En un mot, ne constituent-elles pas la pierre angulaire pour ce moteur de développement harmonieux ?

Quand la Banque populaire mise sur ces entités, cela signifie qu’elle mise sur l’avenir. Ces micro-initiatives ne sont-elles pas le terreau d’un nouvel environnement entrepreneurial ? N’est-ce pas que c’est là qu’il faut investir en matière d’accompagnement, de conseil, d’orientation, mais également en matière d’appui permettant l’accès au financement ? Ne s’agit-il pas de cet inatteignable « nerf de guerre » ? Sans lui, tous les rêves les plus réalistes s’évaporent pour laisser place au désespoir ?

Conspirer avec l’univers pour que naisse dans chaque ville marocaine un vent d’optimisme

Les grandes structures aujourd’hui, n’étaient-elles pas les toutes petites structures d’hier ? Les projets embryonnaires d’hier ne sont-ils pas les grands projets d’aujourd’hui ? Mais ne faut-il pas souligner que ces réussites ne sont mentionnées, arborées, que parce qu’elles sont exceptionnelles ? Ne sont-elles pas dues le plus souvent à un concours de circonstances, à une chance, à une main tendue, à la ténacité d’un entrepreneur ? Aujourd’hui, tous ces facteurs sont les bienvenus, mais surtout accompagnés d‘une volonté structurante. Celle qui oriente, qui soutient et qui met les pendules à l’heure de nouvelles exigences.

Quelle révolution, quelle belle initiative que de conspirer avec l’univers pour que naisse dans chaque ville marocaine un vent d’optimisme : la réussite est possible. Un nouveau printemps est à portée de la main. .

Ne s’agit-il pas de ces centres d’accompagnement qui sont disséminés à travers le royaume ? Afin d’épouser les contours d’une réalité socio-économique et de répondre de manière adéquate à une attente locale, spécifique et multiple.

Peut-on dire que la banque change d’image ? Ce n’est plus la banque où le profit est seul maître à bord : « Que m’importe une pluie qui n’arrose que mon petit champ de mon petit blé », nous dit le poète arabe.

L’image aussi bien technocratique que bureaucratique n’est-elle pas littéralement battue en brèche, cédant la place à une nouvelle image ? Une banque à visage humain, une banque qui se veut au service de l’intérêt public, donc de notre bien-être et de notre épanouissement.