Cette nomination acquiert une dimension symbolique
Le holding marocain Al Mada, à l’issue d’une réunion de son conseil d’administration, annonce la nomination de Noufissa Kessar au poste de Présidente Directrice Générale. Elle succède à feu Hassan Ouriagli, un dirigeant qui a donné à ce groupe un éclat particulier.
Noufissa, ingénieure diplômée de l’École polytechnique fédérale de Lausanne. Sur le plan pratique, on peut affirmer qu’elle a acquis une expérience riche, que sa vie professionnelle se confond avec Al Mada, où elle a occupé les fonctions de directrice générale adjointe depuis plusieurs années. Son long passage par AttijariWafa Bank a été un champ irremplaçable, lui permettant d’aiguiser son expertise en matière de finance, de transaction bancaire et, de là, de mesurer à sa juste valeur l’esprit d’investissement et le sens de l’initiative entrepreneuriale.
Ces femmes ont leur itinéraire qui témoigne pour elles
Il est à souligner que cette nomination, au-delà de son côté empirique et administratif, acquiert une dimension symbolique. Elle survient dans un contexte où les femmes au Maroc s’affirment de plus en plus. Preuve en est l’entrepreneuriat féminin qui connait une progression notable. Ceci ne signifie-t-il pas que notre société intègre de plus en plus les valeurs d’une modernité salvatrice ? C’est également la preuve que ces femmes relèvent le défi, sortent d’un tutorat étouffant pour emprunter un chemin, bien qu’il soit le plus souvent semé d’embûches : injonctions discriminatoires, environnement stressant, conciliation famille-travail. Tout cela pour ces femmes n’est que banalités par rapport à la satisfaction d’affirmation de soi, d’assumer une responsabilité et d’acquérir une indépendance financière.
Certains esprits chagrins parlent de femmes alibis, de femmes vitrine. Nonobstant le côté machiste et ses pernicieuses insinuations, soulignons que ces femmes ont leur itinéraire qui témoigne pour elles. Leurs ascensions parfois fulgurantes sont dues à un long cheminement. Un véritable parcours de combattante où elles ont fait preuve d’un caractère trempé de loyauté et de constance. Tous ces éléments qui, une fois traduits au féminin, prolongent le dévouement familial et le sacrifice maternel.
L’ascension de ces femmes, c’est l’ascension d’un pays en pleine compétition
Pourquoi une telle réussite nous intéresse-t-elle tant ? C’est simple : l’ascension de ces femmes, c’est l’ascension d’un pays en pleine compétition, l’épanouissement d’une société qui secoue ses carcans qui pèsent sur ses épaules. N’avons-nous pas un immense besoin de ces femmes comme emblèmes et comme modèles pour toutes ces jeunes filles, qui ne se sont jamais résignées à une infériorité visant consciemment ou inconsciemment à les maintenir dans une insoumission dévalorisante ?
Ces femmes sont si multiples, si différentes, mais n’ont qu’un objectif : réussir, briller..
En effet, toutes ces jeunes filles qui ont besoin de modèles qui leur insufflent confiance en elles et confiance en leur pays. Toutes ces jeunes filles souriantes, rayonnantes, que l’on croise partout dans les entreprises, dans l’administration, dans les universités, parfois voilées, parfois cheveux en l’air. Elles sont si multiples, si différentes, mais n’ont qu’un objectif : réussir, briller, développer un sens d’éthique et de responsabilité.
C’est pour dire la tâche qui incombe à Noufissa à Fatima, à Ilham, à Khadija. Toutes ces femmes, qui vont au-delà de l’entreprise pour toucher un idéal de dignité, d’épanouissement. La charge est immense sur leurs frêles épaules, mais tout un chacun est convaincu. Elles ont largement prouvé qu’elles sont en mesure de relever le défi. De la réussite de ses femmes le Maroc brillera de tous ses feux, de leur enfermement ce Maroc ne se relèvera pas.









