La marque koweïtienne WABA entre burqa et casseroles

Un spot publicitaire chaleureusement applaudi chez nous

Le spot publicitaire de WABA, marque koweïtienne d’articles ménagers et de cuisine à l’occasion du mois de ramadan, a été chaleureusement applaudi chez nous. Ceci ne mérite-t-il pas que l’on s’y attarde ?

Disons-le d’emblée, ce spot cherche à promouvoir non pas la marque en tant que telle, mais surtout à promouvoir un ordre social. L’image d’une femme cloîtrée, entravée, emmaillotée dans ces linceuls ténébreux qui la réduisent en un objet sans volonté, sans droit à l’expression, sans voix, sans sa langue puisque celle-ci lui a été confisquée. N’est-elle pas remplacée par ce son strident et incessant de ces ustensiles de cuisine ?

La marque kweitienne WABA entre burqa et casseroles

L’expression inconsciente de la promotion de ces clichés désuets ?

Ce spot n’est-il pas l’expression inconsciente de la promotion de ces clichés désuets : ces femmes musulmanes cloîtrées et voilées, ce désert, ces chameaux et ces burqas ? Ne s’agit-il pas d’un spot qui veut nous convaincre que l’on doit circuler puisqu’il n’y a rien à voir ? Rien à espérer de ce monde. Mais au fait, la mise en scène de ce spot n’obéirait-elle pas à l’expression raciste et bigote anglo-saxonne lancée à tout-va quand il s’agit de parler des Arabes : « the camel riders » ?

Ce spot misait sur la promotion d’une Assala koweïtienne, mais malheureusement celle-ci est fortement instrumentalisée, idéologisée avec l’intention pernicieuse de réintroniser la tribu reine, la femme Jariya et l’homme seigneur du harem. En un mot, la mixité est bannie.

La marque kweitienne WABA entre burqa et casseroles

Une femme portant le hijab, c’est l’honneur de la femme préservé. Une femme cheveux au vent, c’est l’honneur de la femme en émancipation. Une femme portant la burqa, c’est l’honneur de la femme piétinée, écrasée sous le poids d’un patriarcat qui, contre vent et marée, refuse toute négociation de frontière et n’accepte rien moins qu‘imposer une servitude obsolète

La marque kweitienne WABA entre burqa et casseroles

Nous avons le même goût.  La tribu veille aux grains.

Revenant au slogan :  ذوقنا واحد, n’est-il pas l’expression même de cette uniformisation : nous avons le même goût ? Point de différence en l’air. Point d’individualité. La tribu veille aux grains. Le recours à ce sound design est-il innocent ? Ne viendrait-il pas à renforcer cet idéal de robotiser une audience ? Nulle vie, nulle joie, nulle émotion, nulle interaction, nulle humanité. La robotisation des hommes et des femmes est à l’honneur. Elle est célébrée à coup de mortiers, de marmites et de casseroles.

La marque kweitienne WABA entre burqa et casseroles

Est-il étonnant que nous ne voyions nulle femme qui nous ressemble ? Une femme de notre temps : dynamique, travailleuse. Elle est étudiante, militante associative, ingénieure, professeur, médecin, etc. ? Ces volontés féminines koweïtiennes qui pullulent et qui font le bonheur et la joie de leurs pays ?

La marque kweitienne WABA entre burqa et casseroles

Notre Assala est l’épine dorsale de notre personnalité

Nous sommes profondément attachés à notre Assala sans laquelle nous ne sommes que des roseaux pliant dans tous les sens. Nous considérons notre Assala comme l’épine dorsale de notre personnalité. N’est-elle pas garante de notre équilibre psychologique, et de notre confiance en nous-mêmes, à la condition expresse que notre Assala intègre tant d’apports sains, qui nous réconcilient avec nous-mêmes et avec l’universel ?

WABA n’est pas autre chose que peste ?

Je ne voudrais pas charger le tableau, mais je ne peux pas laisser passer cette description  sans dézinguer WABA. Alors que WABA n’est pas autre chose que peste en langue arabe وباء . On ne peut que s’interroger : comment ses promoteurs se permettent-ils une telle monstruosité en s’acoquinant avec le choléra ?