Rendez-nous le « Mal-aimé », notre loup

Le « Mal-aimé », une publicité tout en émotion

Au même moment où la célébration des prouesses de l’IA dans le domaine de la publicité tourne à l’adoration du veau d’or, une pépite rafraichissante et lumineuse nous a été offerte par l’agence Romance Agency.

 Le « Mal-aimé », un loup solitaire qui apprend à cuisiner pour se faire adopter et aimer par la forêt et sa faune. Il va donc de sacrifice en sacrifice jusqu’à renoncer ainsi à sa prédilection carnivore et se mettre à privilégier des légumes quitte à devenir carrément végétarien.

C’est cela la trame du « Mal-aimé », une publicité tout en émotion. Une preuve de plus que l’IA ne pourra pas remplacer la sensibilité, les émotions, la joie et l’émerveillement humain derrière toute œuvre de créativité. L’engouement que suscite une telle fraicheur a pulvérisé toutes les frontières.

« Le Mal-aimé », faire partie du groupe

La publicité d’Intermarché « Le Mal-aimé » sous forme de « conte de Noël », de plus de deux minutes, nous montre un loup qui cherche désespérément à faire partie des animaux de la forêt. Des animaux qui ont des pratiques de célébration de fêtes et des habitudes alimentaires qui lui sont étrangères. Alors, il se met à cuisiner des légumes pour se faire adopter et partager ainsi un repas de fêtes avec eux, le tout sur un air de la chanson, Le Mal-aimé de Claude François.

Notre Loup « Le Mal-aimé » est désormais aimé par le monde entier ! », a déclaré fièrement mercredi 10 décembre sur LinkedIn Thierry Cotillard, le patron du groupement Mousquetaires/Intermarché : « plus de 20 millions de vues sur les réseaux sociaux en trois jours » pour cette production ayant mobilisé « une centaine de personnes » pendant un an, « et sans recours à l’IA ».

Le « Mal-aimé », une publicité tout en émotion
Allons-nous crier haut et fort à l’unisson : Rendez-nous notre loup

Tous les dessins sont faits et peints par des humains

Le cofondateur d’Illogic Studios, Lucas Navarro, ne cache pas sa surprise face à un tel phénomène inattendu. N’a-t-il pas déclaré qu’il  « ne s’attendait pas à un tel succès ». Son loup conquiert une audience qui ne cesse de s’étendre à l’infini. Tout en insistant sur le fait que « tous les dessins sont faits et peints par des humains, de manière traditionnelle », ce qui « permet de créer une vraie émotion ». En soulignant au passage que le recours à l’IA était «très anecdotique dans certaines parties de programmation ». Et que bien évidemment « en tant que studio d’animation, évidemment on s’intéresse à l’IA », mais « comme un outil au service des artistes ». 

Nous ne pouvons qu’aimer ce loup qui veut mettre un terme à son bannissement, qui s’humanise qui adopte notre mode de vie. Mais quel regret que d’assister à la disparition du loup de notre imaginaire. Ce loup si sauvage et si solitaire. Ce loup qui se déguise en grand-mère pour piéger la petite fille, le chaperon rouge qui rend visite à cette même grand-mère. Ce loup va terriblement nous manquer et c’est là le paradoxe de cette publicité qui soulève ces vagues d’adhésion, de fascination, en même temps que d’appréhensions et de regrets. Allons-nous crier haut et fort à l’unisson : Rendez-nous notre loup.